RICHTHOFEN

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RICHTHOFEN

Message  JagdExperten le Jeu 10 Jan 2013 - 21:02


Mon cliché préféré du baron (à gauche), Lt Hans Klein à droite

Biographie très complète :
http://www.verdun-meuse.fr/index.php?qs=fr/ressources/biographie-du-mois---decembre-2011janvier-201

Critique du film allemand de 2005 avec remise dans le contexte de l'Allemagne Impériale qui tape pas mal sur la France What a Face
http://louisblogsallocinefr.over-blog.com/article-baron-rouge-82374686.html


Richtofen, c'est aussi :
- Lothar, son frère qui était tout aussi efficace puisqu'il a obtenu ses 40 victoires en moins de temps que Manfred. Meurt en 1922 dans un accident d'avion civil.
- Wolfram, son cousin qui fait son premier vol de combat le jour de la disparition de Manfred. Il termine la guerre avec 7/8 victoires. Général d'aviation de la Luftwaffe pendant la WW2. Meurt en Juillet 1945 d'une tumeur au cerveau.

Rares sont les cas de frères au combat avec tant d'efficacité. Il est inexistant chez les alliés, le cas le plus approchant étant encore celui des frères Galland durant la WW2.



Le Baron Rouge, c'est aussi Michael Schumacher en F1 (91 victoires). Comme le baron, il avait aussi un frère (Ralf / 6 victoires)

Michael en rouge, Ralf en jaune, ca ne vous rappelle rien Twisted Evil
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Re: RICHTHOFEN

Message  Pauke Pauke le Ven 11 Jan 2013 - 14:50

Il y a presque quatre vingt quinze ans, le 21 avril 1918, tombait le Baron Rouge.
Mais est-ce bien aussi simple ?

Les services secrets britanniques SIS et MI6 sont ils à l'origine de ce fait ?

Le Jour de la Saint Georges
Le 23 avril 1918, le Roi George de Saxe Cobourg Gotha, qui avait peu de temps auparavant fait changer le nom de sa famille en Windsor, ce qui faisait quelque peu plus britannique mais qui était simplement connu de ses sujets sous le nom du Roi George, le cinquième du nom, prit son petit déjeuner de bonne heure mais d'assez mauvaise humeur.


le Roi George V

Notez la ressemblance avec son autre cousin le Tzar Nicolas II
En fait tout cela est une histoire de famille !



L'autre cousin le Tzar de Toutes les Russies
L'Empereur Nicolas II
Il a refusé de quitter la Russie, sa famille a été massacrée


Le petit déjeuner était excellent mais les nouvelles du front occidental ne l'étaient pas et son cousin, l'Empereur Guillaume II, Empereur du Saint Empire Germanique, paradait encore à la tête de ses généraux et, suivant des informations issues du service de renseignement allié, préparait même une nouvelle offensive qui avais simplement pour but un objectif : Paris.
Le 9 avril deux divisions britanniques et une division portugaise avaient été bousculées sur la Lys et les Allemands s'étaient encore rapprochés des ports de la Manche.
Instinctivement, le Roi George, chercha le plateau d'argent massif où étaient généralement disposés les journaux quotidiens et ne le trouva pas.
Il fit un signe discret au majord'homme qui attendait, fixé au garde-à-vous, qui s'empressa alors de rejoindre la table.
Le Roi s'étonna de l'absence des journaux, pressentant une mauvaise nouvelle.
Le jour de la Saint Georges, jour de la fête du Roi mais aussi jour de la Fête Nationale de l'Angleterre et de l'Empire Britannique commençait fort mal.
Le Roi se demanda un instant pourquoi il n'avait pas conservé son nom de famille germanique, au moins il aurait eu la sensation de ne pas avoir tout perdu.
Il releva la tête et eut la surprise de découvrir le visage souriant de Carter Easby, son confident et garde du corps personnel, Officier de la Household Cavalry de la Life Guard.
Le jeune officier lui tendit alors le plateau d'argent avec de multiples journaux portant tous la Croix de Saint Georges et un titre formidable s'étalant sur quatre colonnes à la une :
"Le Baron Rouge est mort !"
Certains journaux comportaient même la photo du pilote, couché sur une tôle, et de son avion en mauvais état.
Le Roi laissa retomber le journal qu'il tenait et dit, simplement, "Oh My God !"
Le jeune officier demanda au Roi la permission de s'exprimer qui lui fut accordée.
" Majesté, Saint Georges a enfin eu raison de ce maudit diable rouge"



Saint Georges terrassant le Dragon


Et haussant le ton :
"Pour Saint Georges et la Fête de sa Majesté. Pour le Roi !"
Trois formidables "Hourrah !" retentirent dans la cour et dans le château.
Le Roi Georges s'était levé.
La musique de la Garde entama alors un majestueux "God Save the King !"
En fait, Windsor, ce n'était pas si mal que ça.
Et George V imagina alors le choc que la nouvelle devait propager en Allemagne et chez ses alliés.


Le cousin Guillaume II
Pas très fréquentable !
Tiens, si on lui retaille la moustache et qu'on lui enlève le casque et la ferblanterie
il fait déjà penser à quelqu'un !
Un bon modèle mais un très mauvais exemple.


Et il plaignit son cousin Guillaume !
Il ne s'en remettrait pas.
Une opération préparée de longue date
Le S.I.S. (Secret Intelligence Service) qui deviendra le MI6 fut officiellement créé en 1909 et avait pour but de mener des opérations de déstabilisation et d'intoxication (deception) de l'ennemi ainsi que de rechercher les renseignements essentiels à l'organisation de ces opérations.
En 1918 il était dirigé par Sir Mansfield Smith-Cumming, alias "MC" , qui était secondé par le Vice-Amiral Sir Hugh "Quex" Sinclair qui le dirigera lui-même de 1924 à 1938.
Un autre membre du Clan Sinclair, Sir John Sinclair, alias "C" qui dirigera encore le MI6 en pleine guerre froide de 1953 à 1956.
On dit que c'est ce dernier qui servit de modèle à Ian Flemming, également membre du MI6, pour "M" dans les James Bond.
Le SIS, comme le MI6, possédait, en fait, de multiples divisions possédant chacune sa spécialité.
Sa particularité était d'être composée de militaires de carrière, d'active ou en retraite, officiers, sous officiers et homme du rang mais également de civils recrutés dans de nombreux corps de métiers allant d'universitaires de haut rang d'Oxford ou de Cambridge, jusqu'à des cambrioleurs plus ou moins repentis.
Et probablement des individus moins recommandables, encore.
Le fameux Conan Doyle, le père du dective Sherlock Holmes, un autre romancier de génie, servit plus ou moins de modèle au recrutement de ces agents très spéciaux qu'on nomma, par la suite, les "Baker's Street Boys".



Sir Arthur Conan Doyle, créateur de Sherlock Holmes, Sir Robert Donald, Membre actif du SIS, futur MI6, et le Capitaine Dupont (comme son nom l'indique mais avec un D) du 2eme Bureau sur le front de la Somme en 1917.

Un trio assez particulier et qui ne paye pas de mine mais dont il faut se méfier.
Comme Ian Flemming, créateur de James Bond, ou Rudyard Kipling, auteur du Livre de la Jungle, ou Pierre Nord, Conan Doyle en sait beaucoup plus qu'on ne le pense généralement sur les coups les plus tordus.
A coté Monsieur X est un pensionnaire du Couvent des Oiseaux.
En fait il s'est représenté sous les traits de Mycroft Holmes, le frère de Sherlock Holmes.
Et c'est un fervent admirateur, sinon disciple, de Gordon.
Mais on vous a rien dit !

Initialement il s'agissait des informateurs justement "spéciaux" du détective dont l'appartement était censé se situer au 221 B Baker Street.
Or le SIS, puis le MI6 et enfin le SOE (service action des Services Secrets Britanniques) possédaient plusieurs bureaux discrets situés également à Baker Street (N° 62, 64, 82, 84...) sous diverses couvertures très éprouvées.
Conan Doyle, comme Rudyard Kipling et Ian Flemming, écrivains britanniques au dessus de tout soupçon, grands voyageurs devant l'éternel, firent tous trois partie des services de renseignement de Sa Majesté et furent donc de très honorables correspondants et le furent même tous trois à haut niveau.
En quelque sorte même, Conan Doyle, dans deux romans de Sherlock Holmes, donne purement et simplement son propre rôle au frère présumé de ce dernier : Mycroft Holmes qui travaille justement pour les services secrets britanniques.
Ian Flemming fut lui-même présent aux réunions très secrètes qui organisèrent le débarquement en Normandie de Juin 1944.
Mais cela ne les empêcha pas de prendre leur thé à cinq heures.
C'est donc souvent dans des clubs très privés, des bibliothèques très feutrées, des restaurants très huppés que s'élaborèrent, entre gentlemen paisibles et souriants, des stratégies redoutables échappant bien évidemment à la compréhension du commun des mortels.
Mais, comme il s'agit de Britanniques, donc d'exentriques, ils prennent de plus un malin plaisir à signer leurs actions comme le faisait Arsène Lupin en laissant sa carte de visite sur le lieu du méfait.
Evidemment pas une vulgaire carte de visite en bristol, cela aurait été trop simple, trop français, mais des indices sinon des indications qui ne devaient pas échapper à un investigateur tout juste un peu moins naïf que la moyenne.
Un simple Dr Watson, en quelque sorte aurait du être en mesure de démontrer le forfait sans pour autant, bien évidemment, en apporter la preuve.
Manque de preuve qui satisfera toujours les tenants de la morale et qui leur permettra de claironner bien fort :

"Ce n'est que le fruit du hasard ou de votre imagination, jeune homme !".

Ils n'en n'ont évidemment aucune, ces braves gobeurs de fadaises toutes cuites par les historiens officiels qui, eux-mêmes, ne se posent jamais la moindre question.
Pourquoi ?
C'est ainsi et c'est comme ça depuis toujours !
Où irait-on si il fallait refaire l'histoire pour un oui ou pour un non, ou pire, pour un peut-être ?
Et pourquoi pas "peut-être" ?
En avril 1918 les choses allaient fort mal et malgré l'agitation sur l'arrière, en Allemagne, agitation quelque peu entretenue par le MI6 et des agents provocateurs, le front risquait de se rompre à chaque instant.
Il fallait casser le moral du soldat allemand en cassant le moral du peuple allemand.
Il fallait trouver une faille.
Il fallait frapper un symbole.
De nombreuses batailles avaient déjà été gagnées ou perdues, de nombreuses villes avaient été prises puis reconquises, de nombreux coups d'éclat s'étaient transformés en catastrophes.
Et le moral des Alliés n'était pas très bon.
Il était embourbé dans quatre années de tranchées sordides, de rats, de poux, de boue, de cadavres pourris vomissant leurs asticots et leurs mouches bleues, de merde dysentrique, de fièvre espagnole, d'amputations, d'alcoolisme à grande échelle, d'incompétences, de millions de morts, de tribunaux militaires, de planqués, de fanfaronades, de bourrage de mou de la presse civile, de limogeages, de privations.



Une tranchée quelque part dans la Somme
Il fallait faire cesser ça !


Les Américains commençaient à débarquer déguisés en cow-boys et n'ayant jamais vu une tranchée ni subi le moindre feu, avec un matériel rutilant mais totalement dépassé et un commandement se référant encore aux guerres indiennes.
Or, l'un des services du SIS était chargé de lire la presse germanique et de remettre un rapport hebdomadaire à "Quex" qui remarqua assez rapidement que de nombreuses pages étaient consacrées à l'As des As de l'aviation allemande, le Capitaine Manfred Von Richthofen, alias "Le Baron Rouge" qui sévissait au dessus des Flandres et de la Somme.

L'un de ces journaux relatait une constatation de Guillaume II :

"A lui seul, le Baron Rouge, vaut tout un régiment et probablement plus encore ! "

"Quex" se fit immédiatement cette réflexion

"Celui qui abattra à son tour le Baron Rouge touchera l'Allemagne en plein coeur".

Il décida alors de proposer à Sir Smith-Cumming une "opération spéciale" qui aurait pour but de descendre, par tous les moyens, le fameux Baron puis d'utiliser le choc psychologique pour porter un redoutable coup au moral des Allemands.
Smith-Cumming en accepta le principe et donna carte blanche à "Quex".
Hugh "Quex" Sinclair convoqua immédiatement le Major Beavis, du MI6 5G (deceptions operations) pour régler les détails pratiques de l'opération.
Pour la petite histoire Hugh "Quex" Sinclair, alias "C", décèdera en 1938 d'un cancer et sera remplacé à la tête du MI6 par un autre Ecossais, Stewart Menzies.
Beavis, devenu Général, sera pendant la seconde guere mondiale, l'un des cerveaux "Bigot" de l'opération "Fortitude" qui préparait la couverture du débarquement allié en Normandie.
La seconde partie de cette opération, nommée "Faith" est encore méconnue.
Un coup d'essai : Verner Voss le Hussard de Kreufeld
Avant de s'en prendre au Baron Rouge il convenait de se faire la main.
Les services de renseignement anglais suivaient également de près la carrière d'un autre As allemand, Verner Voss dit "le hussard de Kreufeld" qui venait d'atteindre sa cinquantième victoire et qui venait d'intégrer le "Cirque volant" de Richthofen.



Von Richthofen et Voss : derniers conseils avant la chasse


Verner Voss était un excellent pilote et un redoutable combattant mais qui avait l'habitude, contrairement au Baron Rouge, de voler seul à la recherche d'une proie, méthode que Von Richtofen défendait formellement à ses pilotes.
Un correspondant en Hollande fit parvenir aux Anglais une information très intéressante, le créateur des fameux avions Fokker, Anthony Fokker, surnommé "le Hollandais Volant", avait invité Voss à fêter son anniversaire en Hollande car il tenait à le rencontrer pour lui demander quelques conseils sur le Triplan DRI qui présentait alors quelques défauts.
Voss avait accepté l'invitation et devait se rendre en Hollande aux environs du 20 septembre 1917.
Mais, chose encore plus importante, les Services Secrets avaient été informés que Voss convoierait lui-même un nouveau modèle de triplan à son retour et qu'il serait probablement seul, une escorte lui ayant été affectée lorsqu'il parviendrait au dessus de la France.
Les choses se passèrent comme prévu et Voss se rendit chez Anthony Fokker où une fête eut lieu en son honneur.



Anthony Fokker le "Hollandais volant"
Un milliardaire exentrique qui travaillait pour l'aviation allemande
Les "Fokker" volent toujours mais pour le civil.


Le Hollandais volant avait bien fait les choses et il ne manqua pas de jolies filles ni de champagne à tel point que Voss en abusa quelque peu et passa une bonne partie de la journée du 23 septembre au lit.
Le temps était beau et il décida de rentrer en France, à son escadrille, dans l'après midi.
Fokker, comme promis, lui remis le nouveau modèle du Triplan amélioré et deux douzaines de bouteilles de champagne pour les pilotes de la Jasta.
Voss décolla vers 17h et se dirigea vers la France en passant au dessus de la Belgique.
Le vol se passa très bien jusqu'à Frezenberg où il apperçu un SEa5 anglais qui semblait en difficulté.
Il décida alors de s'offrir une victoire de plus.
Il fonça sur l'avion britannique et se préparait à ouvrir le feu lorsqu'il entendit le crépitement de plusieurs mitrailleuses derrière lui et vit passer une gerbe de balles.
Par chance il n'avait pas été touché.
Un simple coup d'oeil lui permit de comprendre qu'il venait de tomber dans un guet-appens puisque sept avions de chasse le poursuivaient.
Il décrocha et entreprit d'engager le combat en vendant chèrement sa peau.
Ce ne fut pas très facile car les bouteilles de champagne roulaient jusque dans l'habitacle.
Il se rendit rapidement compte qu'il n'avait pas affaire à des novices et que les Britanniques, bien qu'inférieurs à lui dans les manoeuvres, ne le lâchaient pas.
Il ne savait évidemment pas que l'Etat Major avait accepté cette mission et qu'il l'avait confié aux Squadrons 60 et 56, deux unités particulièrement aguerries.
Pour ne prendre aucun risque, ce qui était par ailleurs contraire au règlement, sept pilotes ayant tous le titre d'As avaient été mis à contribution.
Il y avait donc là les meilleurs chasseurs de tout l'Empire : Albert D. Carter, Arthur Rhys Davis, Ronald Hammersley, Reginald Hoidge, Richard Mayberry, Keith Muspratt et le plus redoutable d'entre tous James Mc Cudden.



James Mac Cudden "Old Mac" 58 victoires.
L'un des cinq grands as anglais.
Il fut crédité de la victoire sur Voss mais ne s'en vanta jamais.

C'est d'ailleurs ce dernier qui, finalement, pourra revendiquer la victoire sur Voss.
Celui-ci se démena comme un beau diable et les Britanniques avouèrent avoir eu beaucoup de mal à le descendre, chacun d'entre eux ayant été touché par Voss dans une partie de leur avion.
Mais ils finirent par l'envoyer au tapis, malheureusement pour eux dans une zone où l'atterrissage était impossible.
Une partie de la mission avait réussi mais l'autre fut un échec car ils ne purent ramener de photos de Voss et de son appareil.
La victoire fut confirmée par un avion d'observation mais qui dut prendre la fuite à l'arrivée des chasseurs allemands se demandant où Voss était passé.
Donc sans pouvoir prendre aucune photographie de l'épave.
Le S.I.S. tira conclusion de cette mission : si elle était une réussite, puisque Voss avait été tué, elle avait quand même risqué de coûter la vie à plusieurs pilotes très expérimentés qui, de plus, étaient moralement très mécontents d'avoir participé à cette battue contraire au fair-play.
Mc Cudden, en particulier regretta longtemps d'avoir descendu Voss et avoua qu'à un moment il avait songé le laisser s'enfuir tant sa virtuosité était remarquable.
Voss lui avait plusieurs fois adressé un signe de la main, l'ayant reconnu.
Et les pilotes l'avaient vu se débarrasser une à une des bouteilles de champagne comprenant alors qu'il avait eu un sérieux handicap dès le début du "dogfight".
Sur le plan de la propagande l'opération était un fiasco car il était difficile d'avouer le traquenard et d'admettre que Voss avait tenu tête à sept As alors qu'il était en état d'infériorité d'autant plus qu'il n'y avait aucune photo prouvant qu'il avait bel et bien été tué.
Chaque semaine la presse alliée annonçait la mort du Baron Rouge ou d'un autre As allemand, ce qui était démenti assez rapidement par les faits.
"Quax" décida donc de classer le dossier Voss et de changer de méthode.
Pour chasser un tigre il faut savoir sacrifier une chèvre !



La photo "officielle" du Baron rouge qu'il aimait à dédicacer
Il savait entretenir son image.
En ce printemps 1918 il devenait essentiellement important de frapper un grand coup.
Le Baron Rouge venait de fêter ses quatre vingt victoires confirmées et s'était bien remis d'une blessure à la tête qui avait failli lui coûter la vie : un néophyte britannique avait ouvert le feu sur son Fokker alors qu'il se trouvait à plus de quatre cents mètres.
En entendant au loin la rafale qui lui était destinée Von Richthofen avait souri.
A cette distance il ne risquait rien.
Un instant plus tard il était à demi inconscient et complètement aveuglé par le sang car une balle lui avait lacéré le crâne.
Il parvint, non sans mal à se poser, heureusement dans les lignes allemandes et fut amené inconscient à l'hôpital où on craignait fort pour sa vie.
Mais la balle n'avait fait que de tracer un sillon dans l'os causant un traumatisme réparable.
Il fut donc assez rapidement debout et l'Empereur Guillaume, lui-même, vint le décorer.
Le père de Von Richthofen et son frère Lothar, un autre As du Cirque, étaient présents.
Von Richthofen, la tête bandée, se fit photographier au milieu d'infirmières jeunes et jolies ce qui accrut encore son aura auprès de la gente féminine quelque peu jalouse.
Certaines mauvaises langues affirmaient, en effet, qu'il préférait les garçons car il était très coquet et aimait bien les cuirs et les fourrures.
Et qu'il adorait se faire photographier dans des poses avantageuses.
Personne n'est décidémentparfait !



Mandred à gauche et Lothar à droite
Mandred en manteau de peau de loup et bottes de fourrure


Pour faire cesser ces bruits malveillants il sortit donc quelques temps avec une infirmière française qui aurait fort bien pu illustrer un calendrier.
"Quax" eut donc une autre idée : organiser un traquenard mais combinant cette foi une force aérienne et une force terrestre utilisant des tireurs d'élite bien placés.
Après avoir étudié les cartes de la somme, où était stationné le fameux cirque du Baron Rouge et la Jasta 11 qu'il dirigeait en personne, il jeta son dévolu sur un site quelque peu particulier : le Cirque de Vaux, ou belvédère Sainte Colette situé à proximité de Corbie.



La Jasta 11 du Baron Von Richthofen
Dans l'avion Manfred
Assis Lothar



Les pilotes de la Jasta 11 d'après un fusain d'époque (archives GC)
Mandred est au centre

La particularité du lieu est de présenter une falaise en forme de cirque dominant les étangs et la Somme canalisée à cet endroit en canal.
"Il veut du cirque il va en avoir du cirque !" s'était extasié Sir Smith-Cumming en contemplant la maquette que "Quex" lui présentait.
On y distinguait nettement le belvédère et plusieurs nids de mitrailleuses en haut et à mi flanc, le canal, l'étang et un bâtiment visible : une usine avec sa cheminée.
"Quex" indiqua quel était le plan "Il faut arriver à ce que BVR se lance à la poursuite d'un avion cible, donc de l'appat, au dessus du canal de la somme, entre deux rangées d'arbres, et pris sous le feu de chasseurs soit obligé de buter contre le cirque de Vaux.
Il sera alors contraint d'obliquer à droite, vers les lignes allemandes, et ce faisant préféra le flanc à nos mitrailleuses servies par des tireurs chevronnés, le reste sera question de chance et surtout de moyens appropriés".
"Quex" indiqua que le problème de la "chèvre" qui devait attirer le tigre vers le point prévu était réglé et qu'il avait déjà pris contact avec l'Etat Major de l'Armée de l'Air qui lui avait recommandé un pilote canadien, un jeune lieutenant nommé Wilfrid May.
Mais qui était surnommé "Wop" car il était un pilote remarquable adepte indonditionnel du rase-mottes et de la voltige.
A vrai dire avant la guerre "Wop" gagnait déjà bien sa vie en organisant des meeeting de voltiges aériennes auxquelles il prenait part et dont il était généralement la vedette.
De plus il était ami d'un certain Roy Brown qui devait se charger, quant à lui, d'organiser la poursuite du Baron dès que celui-ci se serait engagé.
Roy Brown était un as canadien qui avait abattu en peu de temps une douzaine d'avions allemands et qu'il allait falloir retirer du front et même de l'active à cause d'un vilain ulcère à l'estomac.



Roy Brown
"Il ressemblait à un petit fonctionnaire aux yeux tristes"
Hugh "Quex" Sinclair


Les deux homme s'étaient rencontrés à l'école de pilotage et Roy Brown avait été très impressionné par "Wop" et ses figures étonnantes.
Et son tempérament de casse cou, lui qui était renfermé et méthodique.
Ils acceptèrent tous deux la mission non sans quelques réticences mais Sir Smith-Cumming leur expliqua l'enjeu qui, à son avis, pourrait influer sur le sort de la guerre et donc sur la victoire alliée.
Devant cet argument ils ne purent que se déclarer volontaires.



"Wop May" - le casse cou professionnel - pas tout à fait un néophyte !



Photo de "Wop" May avant la guerre : un as de la voltige habitué à "casser du bois"

Donc une proie pas si facile qu'on a pu le prétendre sans se poser la moindre question
Dans les conditions décrites par les témoins un novice n'aurait pas résisté plus de dix secondes au Baron.
Où est l'erreur ?

Quant aux tireurs embusqués "Quex" jeta son dévolu sur des mitrailleurs néo-zélandais habitués à chasser les oiseaux dans le bush et leur donna carte blanche quant à leur armement.
D'un commun accord les compères Buie et Evans avaient opté pour des mitrailleuses Lewis munies d'un viseur en forme de collimateur comme on en utilisait dans l'aviation.
L'officier d'armement failli en avaler sa cravatte car il ne s'agissait pas d'armes réglementaires et il ne disposait que de vickers, lourdes et peu maniables.
Un coup de téléphone le remit à sa place et il fit tout son possible pour dégotter deux Lewis bricolées suivant les instructions.
Il serait évidemment convenu que Brown serait flanqué de trois gardes du corps qui n'étaient pas au courant de l'opération mais qui avaient pour ordre de ne pas le quitter d'une semelle et d'exécuter immédiatement tous ses ordres, même et surtout ceux qui sembleraient inhabituels.
La presse, enfin, serait discrètement convoquée afin de ne pas perdre de temps et de bénéficier de photographies du tableau de chasse.
On trouverait un bon prétexte pour les amener au château de Bertangles, siège de l' état major de l'aviation alliée, lieu proche du traquenard.
Il convenait de définir d'une date.
Le 21 avril fut choisi car il fallait que, symboliquement, la mort officielle du Baron Rouge, soit annoncée le jour de la Saint Georges.
Après il s'agissait d'une simple question d'organisation et de météo favorable.


La Grande Chasse

Le fokker DRI rouge de Mandred Von Richthofen

Le 21 avril au matin plusieurs escadrilles de bombardement britanniques furent déployées au dessus du front de la Somme entre Péronne et Corbie.
Une multitude de coucous prit donc l'air et remplit le ciel qui était parcouru par de petits nuages cotonneux : une magnifique journée pour prendre des photos ou pour balancer quelques bombes sur les tranchées et les rassemblement.
Des observateurs allemands remarquèrent que les avions étaient fort peu protégés et semblaient évoluer en toute impunité dans le ciel dégagé.
Ils appelèrent immédiatement le commandement du "Grand Cirque" afin de le prévenir de cette agitation inhabituelle.
Von Richthofen prit lui-même la décision de lancer toutes les escadrilles dans l'interception de cette force aérienne et prit lui-même le commandement de la Jasta 11.
Quelques minutes plus tard les avions multicolores que les alliés nommaient les "papagei" (perroquets) étaient dans le ciel et volaient à la rencontre de l'immense formation anglaise.
Mais en se rapprochant de celle-ci ils constatèrent rapidement que les chasseurs britanniques étaient également de la partie et en très grand nombre.
L'on à estimé le total des avions en l'air à ce moment à 30 escadrons !
Jamais bataille aérienne n'avait à ce jour engagé autant de protagonistes.
Les Allemands rompirent donc leur impeccable formation pour engager les chasseurs et le ciel éclata alors en une multitude de combats individuels.
Ils se rendirent vite compte qu'ils étaient tombés dans un piège car la supériorité alliée était évidente et de nouveaux chasseurs vert olive à cocarde arrivaient de toute part.
Von Richthofen engagea le combat mais celui-ci était d'une telle intensité que ses ailiés, qui étaient censés le protéger disparurent dans la mêlée.
C'est au moment où il s'apprètait à rompre l'engagement qu'il aperçu un avion anglais, probablement désemparé, qui descendait en filant vers les lignes alliées.
Son instinct de chasseur l'incita à le poursuivre, négligeant alors tous les conseils qu'il n'arrêtait pas de prodiguer à ses pilotes.



Le Baron rouge vient de s'engager à la poursuite de "Wop" May


Il fondit donc vers le fuyard et lui envoya une rafale.
Celui-ci effectua une figure étrange et le Baron se dit qu'il avait eu beaucoup de chance.
Au moment où il allait appuyer sur la queue de détente de ses Maxims il entendit une rafale et une gerbe de balles passa au dessus de son avion.
Il regarda dans le petit rétroviseur rond qu'il avait fait installer et vit, derrière lui, une meute de britanniques dans des avions de dernier modèle, les fameux Sopwith Camel, réputés aussi maniables que le DRI mais plus rapide.



Mais il est rapidement suivi par Roy Brown
Les trois avions vont bientôt être proches de l'eau


A chaque rafale il fit plonger son avion, les balles alliées manquant à chaque fois de toucher l'avion qu'il poursuivait, ce qui limita les tirs.
De son coté il ouvrit plusieurs fois le feu sur ce maudit fuyard qui, étrangement le promenait maintenant au dessus du canal entre deux rangées d'arbres.
Impossible de le toucher !
Il semblait que ses balles étaient attirées par l'eau dont le reflet acier le gênait considérablement.
Tout au bout du canal, sur une butte, il aperçut une cheminée et pensa "ce sera mon point de mire si j'ai un problème"
Et il tira à nouveau, l'avion poursuivi fit une embardée et rasa les arbres mais sans les toucher.
Manfred Von Richthofen eut une sueur froide : ce n'était pas un pilote habituel mais un sacré professionnel bien rompu à des manoeuvres inhabituelles.
Pas un novice !
Il entendit une rafale et se dégagea à son tour, les balles frappèrent l'eau dans une double gerbe qui s'écrasa sur ses lunettes à pans coupés.
Il les essuya d'un revers de manche et retrouva la vision.
Il se trouvait face à une muraille verte et ocre, le fameux Belvèdére Sainte Colette.
Il vira brutalement à droite et fut étonné d'entendre les avions anglais s'éloigner sur sa gauche.
Il n'eut pas le temps de réflèchir et sentit une trerrible douleur près du coeur, il cria de douleur et il vit, à quelques mètres à sa gauche, les flammes de plusieurs mitrailleuses.
Il vomit du sang et prit la direction du point de mire : la cheminée.
Dans un dernier sursaut il réussit à se poser et la dernière chose qu'il vit était une vallée paisible au milieu de laquelle coulait une rivière.
Et il rendit l'âme en s'affaissant lentement sur le manche à balais.


Reconstitution effectuée avec les conseils et photos de Georges Charles

Mais malheureusement les avions sont représentés volant trop haut
Au moment de l'impact un des mitrailleurs entendit un cri du Baron Rouge
La balle mortelle lui pénètra spous les côtes flottantes et ressortir par la poitrine aux environs du coeur ce qui démontre un tir presque horizontal.
La balle qui l'a atteint provenait bien d'un tir provenant du sol.
Ici le tir de la mitrailleuse est représenté verticalement.
Difficile de bouger les habitudes.
L'halali et la curée
A peine le Baron Rouge avait cessé de vivre qu'une multitude de militaires et de civils arriva sur le lieu à pied, à cheval et en voiture.
Ce fut la grande kermesse.
Les photographes redressèrent la plaque en tôle sur laquelle on l'avait couché et le clichèrent sous tous les angles.




Le Baron Rouge peu de temps après sa mort - la presse était déjà sur place alors qu'il était encore chaud -


L'avion fut peu à peu dépouillé de sa toile, de ses instruments et termina en carcasse squelettique.
On posa fièrement devant les fameuses mitrailleuses Spandau.
Roy Brown, revenu de Bertangles avec plusieurs officiers était le seul à ne pas parader et eut beaucoup de mal à regarder son adversaire mort donc les yeux étaient encore ouverts.
On maintenait à distance les Néo-zélandais tapageurs qui voulaient prendre part au spectacle et qui revendiquaient déjà haut et fort leur victoire sur le pilote allemand.
Roy Brown ne resta que quelques minutes et repartit l'air sombre et presque courbé en deux à cause de son ulcère qui s'était réveillé de plus belle.
On ne vit pas Wilfrid "Wop" Mai qui avait préféré se reposer à Bertangles et rester seul.
Ni les autres pilotes qui avaient pris part à cette opération et qui avaient été envoyés en permission.
Le sur-lendemain, jour de la Saint Georges, des obsèques solennelles furent organisées à Bertangles en présence de nombreux officiers supérieurs.
Des soldats rendirent les derniers hommages en déposant une gerbe " A leur valeureux adversaire" et tirèrent trois salves.
Mais une fois de plus les aviateurs canadiens du Squadron 209 qui avaient pris part à l'opération ne participèrent pas à la cérémonie.
Ni Roy Brown qui resta derrière les grilles du cimetière.
Le cercueil du Baron fut porté en terre dans le petit cimetière civil de Bertangles et les gens du village apportèrent quelques fleurs et se recueillirent car c'était quand même un "monsieur" et un bon chrétien puisqu'il était Baron.
Tout était donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.


Le choc
En Allemagne et chez tous ses alliés ce fut un choc immense.
Le preux chevalier rouge avait été abattu par un inconnu qui ressemblait à un petit fonctionnaire à l'air triste et au regard absent.
Tant au front qu'à l'arrière, sans que qui que ce soit ne l'ait demandé, ce fut une journée de deuil national et tous les drapeaux furent mis en berne.
Dans les tranchées on se repassait les journaux sans trop y croire.
La troupe se méfiait des aristos et des Junkers mais respectait les pilotes et suivait leurs exploits et chacun avait en mémoire l'image d'un frèle jeune homme blond et souriant, plusieurs fois blessé et qui faisait son devoir sur le front au lieu de demeurer planqué dans un êtat major de l'arrière comme il aurait fort bien pu le faire depuis longtemps.
Et qui ne manquait jamais de faire chanter son avion lorsqu'il passait au dessus de leur tranchées pouilleuses ni de leur adresser un signe amical.
Ou même de leur envoyer quelques boites de saucisses et du tabac blond.
Les Anglais, toujours fair play, avaient survolé l'aérodrome de Cappy et balancé une magnifique gerbe de fleurs ainsi que quelques effets du Baron, comme sa Croix Pour le Mérite, le "Blue Max", afin qu'on puisse les remettre à sa mère et, surtout, pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté sur son sort.
La Jasta 11, déjà fort éprouvée fut placée sous l'autorité d'un nouveau commandant, un certain Herman Göring qui déclara que le Baron n'avait eu que ce qu'il méritait puisqu'il avait désobéi aux ordres qu'il avait lui-même donnés.
Ce sont à peu près les mêmes paroles que prononça Fonck quand il apprit que Guynemer s'était fait descendre !
Et il ajouta qu'il allait reprendre les choses en main.
Les pilotes comprirent que quelque chose venait de changer.



Hermann Göring qui remplacera le Baron Rouge à la tête de l'Escadrille Richtofen"

On passe du baron-chevalier au reître.

A Londres "Quex" referma le dossier.
Il se tourna vers Sir Mansfield Smith-Cumming et dit simplement
"La pièce vient de se terminer et le rideau est tombé, il est probable que certains se poseront des questions mais elles porteront uniquement sur la polémique entre les pilotes et les mitrailleurs et contrairement au théâtre il n'y aura ni rappel ni critiques. Cette opération n'aura pas permis de gagner la guerre mais elle aura contribué à la victoire des alliés en affaiblissant le moral de l'ennemi au bon moment. Et c'est cela seul qui compte, le reste n'est que bagatelles ".
Smith-Cumming eut un sourire fatigué, posa sa pipe, et marmonna
"En effet, Sinclair, cela seul compte. Il faut parfois fermer les yeux et penser à l'Angleterre".
Et alors ?
Il s'agit, bien évidemment, d'une autre vision des choses et il est préférable, bien évidemment, de ne se poser aucune question et d'avaler la version "officielle" surtout lorsqu'il n'y a jamais eu de version officielle.
La seule polémique comme le prévoyait Hugh "Quex" Sinclair eut lieu entre la version des aviateurs et celle des mitrailleurs.
On attribua tout d'abord la victoire à Roy Brown puis on la partagea, ensuite, avec Buie et Evans à la suite de leur réclamation et des faits qu'ils exposèrent.
Et on en resta là préférant invoquer le hasard d'un coté ou la malchance de l'autre.
Et en balayant d'un revers de main dédaigneux toutes les coïncidences, donc les faits.
On trouva normal qu'un novice, May en l'occurence, ai pu échapper, par hasard, au Baron Rouge.
Celui-ci, après la guerre retourna au Canada et continua à organiser des meetings aériens et des exhibitions acrobatiques.
Drôle de novice qui était par ailleurs lieutenant directement placé sous les ordres du capitaine Roy Brown qu'il connaissait parfaitement pour avoir, tous deux, fait partie de la même promotion d'école de pilotage.
Et qui abattit sept avions en trois semaines.
On trouva normal que quatre pilotes alliés cessèrent tout à coup de poursuivre un seul avion et rompirent le combat alors que leur supériorité numérique était évidente.
En toute autre circonstance cela aurait immédiatement valu le conseil de guerre.
On trouva normal que la presse fut presque immédiatement sur le lieu où le Baron Rouge avait été descendu alors qu'on était en pleine guerre.
On trouva normal que des mitrailleurs qui auraient du se trouver à quinze km de là aient pu prévoir ce qui allait se passer et aient été dotés de mitrailleuses non réglementaires et trafiquées.
Et qu'à l'endroit où ils étaient placés, au dessus des étangs de Vaux, ils étaient parfaitement inutiles puisque le front allemand se trouvait ailleurs et qu'aucune attaque terrestre ne pouvait y avoir lieu.
On trouva normal que cette affaire ayant été réglée on ne trouve aucun objectif à l'immense déploiement de bombardiers et d'appareils d'observation au dessus d'un secteur calme du front.
On trouva normal que personne ne se pose la moindre question et que le plan de vol décrit dans les commentaires et sur les plans de la reconstitution ne corresponde aucunement à la réalité puisque les témoignages d'époque des protagonistes et des témoins visuels attestent que les avions volaient presque au ras du sol et non en plein ciel comme on a tenté de le faire croire et comme ont tente encore de le faire croire dans des illustrations récentes.
Pourquoi ?
Simplement par paresse, par facilité, par conformisme, par habitude et un peu par lâcheté puisqu'il faudrait contredire la thèse habituellement admise et qui, nécessairement, fait force de loi.
A cause ou grâce au politiquement correct.
Parce qu'avant la contre-enquête personne ne s'était rendu sur place pour vérifier, de visu, les hypothèses en cause, sauf quelques touristes allemands ou canadiens.
Et parce que le Baron Rouge a été mis à toutes les sauces et est une bonne image marketing pour vendre de tout et n'importe quoi, il suffit de le constater sur le Web.

Le dernier poilu étant disparu la mémoire doit maintenant s'éveiller.
De la chrysalide il faut passer au papillon.

Et quatre vingt dix ans après, jour pour jour, avoir une pensée pour cet aviateur hors pair qui fut, certe, un ennemi mais qui est aussi un symbole éternel : celui de la jeunesse sacrififé au profit de ceux que la guerre a toujours enrichi et pour qui la vie humaine ne compte pas.



La capuche de vol du Baron Rouge - le chaperon rouge -

"Mère-Grand comme tu as de grandes dents !"
"C'est pour mieux te croquer mon enfant !"
Il n'y a que les enfants naïfs et les historiens pour croire aux Contes de Fées !
Et au hasard.
"Ma conscience est une brave fille avec laquelle j'ai toujours eu quelques arrangements"
"En temps de guerre la vérité nue doit toujours se dissimuler derrière quelques épais nuages"
"La première victime de la guerre est la vérité
La seconde victilme de la guerre c'est les Dix Commandements"
Winston Churchill qui dirigea activement le MI6 pendant toute la durée de la seconde guerre mondiale.
"Tout l'art de la guerre réside dans la duperie" Sun Tzu

Les 13 chapitres de Sun Tsu (Sunzi) furent traduits en anglais par Charles George
Gordon alias "Chinese Gordon" alias "Gordon Pacha" le maître à penser de Lawrence d'Arabie.



La prestigieuse décoration allemande "Pour le Mérite" - en français dans le texte !

Les aviateurs la nommaient "Blue Max" en la mémoire de Max Immelman, l'Aigle de Lille
Mandred Von Richthofen la portait sur son uniforme en dessous de sa combinaison de vol
Elle fut renvoyée à sa mère avec quelques effets personnels par les Anglais toujours très "fair-play".

LA FIN ETRANGE DU FILM ALLEMAND "BARON ROUGE"
DE NICOLAI MULLERSCHON




Le samedi 15 août 2009 Canal + à programmé à 20H45 le film "Baron Rouge" de Nicolaï Mullerschön (Der Rote Baron - 2007).
Ce film est inédit sur les écrans français et était plus probablement destiné à un public germanique et éventuellement anglo-saxon.
Surtout saxon.
Le Baron Rouge y est interprété par l'acteur allemand Matthias Schweighöfer et Roy Brown par le ténèbreux britannique Joseph Fiennes.



Matthias Schweighöfer dans le rôle du Baron Rouge

Quand on demanda à Ernst Udet (60 victoires) de devenir conseiller technique pour un film sur le Baron Rouge dans les années trente il répondit sêchement "Von Richthofen est trop grand pour Hollywood"

Et il aurait eu d'autant plus raison pour cette version allemande !

Il y est surtout question de l'intrigue sentimentale nouée entre le Baron et son infirmière Käte Otersdorf reprenant, en quelque sorte, le thème du "Crépuscule des Dieux" (The Blue Max - 1966) où Georges Peppard tombait amoureux de Ursula Andress.
Mais on est quand même à des années lumières du soufle épique qui animait ce film qui alors ne bénéficiait pas des effets spéciaux numériques !
En fait tout le film est basé sur une photographie où on voit Mandred Von Richthofen, la tête bandée, en compagnie de cette infirmière belge d'origine allemande, assez jolie de surcroit.
Photographie qui fut largement diffusée à l'époque car certains insinuaient assez lourdement que notre fameux Baron Rouge préfèrait les amitiés particulières.
Mars without Vénus !
"Nobody is perfect" comme aurait dit Chinese Gordon.
Quoi qu'il en soit notre Baron finit, dans ce film, par ressembler à un caniche entiché d'une sufragette.
C'est le coté "romantique" de nos amis d'outre-Rhin.
Il suffit juste de regarder les photos d'époque pour se rendre compte qu'entre Schweighöfer et Von Richthofen il existe une petite différence pour ne pas dire un abime difficile à combler.



Un visage presque puéril !

On n'est pas tout à fait sur le même romantisme !
Passons allégrement sur les invraissemblances historiques qui font rencontrer Richthofen et Brown, lequel joue les beaux ténébreux à la Maximillian Schell, sur la caricature volante de Hawker barbu obèse et braillard dont l'avion se retrouve affublé de "la mort qui fauche" emblème de l'escadrille française SPA 94, sur les décors loufoques des avions de la Jasta 11 et sur le fait que le metteur en scène ait cru bon, ou "romantique" d'affubler les pilotes allemands de tenues de repos dignes de ceux de la RAF pendant la Bataille d'Angleterre (les Allemands ne s'en sont jamais remis d'avoit été battus par des blondinets pas rasés aux pulls troués aux manches et mâchonnant des pipes de bruyère tout en buvant du thé avec des scones tartinés à la confiture de myrtille pour accroître leur acuité visuelle !).
De là à entretenir un vieux complexe il n'y a qu'un pas visible dans le film.
Passons.
Passons également sur le fait que les Allemands d'aujourd'hui se sentent toujours obligés de préciser, lourdement, qu'il existait même, à l'époque, des pilotes juifs.
Comme si nous en doutions encore un seul instant.
Il suffit de se rappeler des exploits de Wilhelm Frankel, l'un des plus grands as allemands de l'époque, titulaire du Blue Max, pour s'en persuader simplement.
Il devait même y avoir, peut-être, quelques pilotes catholiques, protestants, agnostiques, athées, francs-maçons, rouquins, gauchers !
Mais si le film avait été américain il est probable que nous aurions eu droit à un co-équipier noir ou Porto-Ricain !



Joseph Fiennes dans le rôle de Roy Brown.
Le beau ténébreux viendra-t-il à bout du petit blondinet ?

Donc ne nous plaignons pas trop.
Le film est sorti en salle, en Allemagne, le 31 mars 2008, juste avant le 90eme anniversaire de la mort du Baron Rouge.
Mais très étrangement le film fait l'impasse sur le "dernier vol du Baron Rouge" !
Donc sur la mort de Von Richthofen.
On voit le Baron partir pour ce dernier vol du 21 avril 1918.
Puis Käte Osterdorf, la fameuse infirmière, venir se recueillir sur sa tombe accompagné de Roy Brown qui lui restitue l'écharpe blanche du Baron.
Entre deux il y a un trou noir.
Et le film conclut "La victoire a été attribuée à Roy Brown mais on ne saura jamais réellement qui a tué le Baron Rouge ! "
Si j'étais juste un peu mégalo je me dirais "tiens, tiens, est-ce qu'une certaine contre-enquête n'aurait-t-elle pas quelque peu influé sur cette fin étrange où, pour une fois, la vérité "historique officielle" n'aura pas été imposée ?"
C'est probablement pour cela que le "dernier combat" aura été évité car il aurait obligé à une remise en cause probablement dérangeante pour la morale de l'histoire.
Si il reste une raison, une seule, d'aimer ce film elle réside dans cette absence, donc dans cette porte ouverte vers une autre vérité ou du moins vers une autre réalité.




Georges Charles tient ici à saluer la mémoire de Sir Cecil Ronald Sinclair
Officer RNAS Lt Cdr VC DFC - et de Fernande Sinclair-Charles, son épouse.


Sir Cecil Ronald Sinclair et Georges Charles
La mémoire s'est transmise.
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Re: RICHTHOFEN

Message  Pauke Pauke le Ven 11 Jan 2013 - 15:13

Mais certains voient les choses d'une manière différente ........

LA CONTRE ENQUETE ...... et quelques réponses aux objections

Vraiment beaucoup de coïncidences !


Comme souvent dans ce type d'opérations il existe bien évidemment plusieurs hypothèses !

La première version officielle, vite démentie par ailleurs, affirmait que Von Richtofen aurait été touché par un observateur australien tirant à l'arrière d'un biplace qu'il poursuivait.

La deuxième est simplement que le CapitaineRoy Brown aux commandes d'un Sopwith Camel aurait abbattu le Baron Rouge alors que celui-ci poursuivait un novice, "Wop" May, qui se serait écarté du lieu d'un combat aérien au dessus de la Somme.

La troisième est que le Baron Rouge aurait été abbattu par les tirs conjoints de Roy Brown et de deux mitrailleurs, Evans et Buie embusqués au flanc d'une colline, le Belvédère de Sainte Colette, aussi nommé "cirque de Vaux".

La quatrieme est que Evans et Buie auraient abbattu le baron rouge qui passait, par hasard, à portée de leurs mitrailleuses alors que May et Brown s'étaient écartés de leur axe de tir.

Ces trois dernières hypothèses prennent comme convention essentielle que "Wop" May était un novice qui a agi par imprudence, que Roy Brown vint à son secours et que le Baron fut abbattu fortuitement.

Nous proposons une toute autre version : "Wop" May n'était pas un novice mais un pilote très confirmé connaissant très bien le Capitaine Roy Brown et qui était directement sous ses ordres puisque Lieutenant, donc plus gradé que la plupart des pilotes de son escadrille.

Il agissait donc fort probablement dans le cadre d'une opération de "deception", assez coûtumière des Services Secrets Britanniques (SOE), et avait pour rôle d'attirer le Baron Rouge dans un traquenard parfaitement organisé avec des tireurs d'élite bénéficiant d'un matériel spécialisé comme de nombreux témoignages l'attestent.

Il y a beaucoup trop de points obscurs ou passés sous silence pour évoquer le simple fait du hasard.

Celui qui organisa très probablement cette opération, le Major Beavis, deviendra Général de Brigade et sera impliqué, lors de la seconde guerre mondiale, dans une autre opération de "deception", l'opération "Fortitude" qui couvrira le débarquement allié en Normandie en
juin 40.

Il fallait porter un coup fatal à l'aviation allemande, à l'armée allemande, à la nation allemande, ceci afin de préparer la dernière offensive alliée qui devait amener la victoire de novembre 1918.

Et, selon les termes mêmes de l'Etat Major Allié
"Von Richtofen vallait une armée à lui seul !"
Il suffit de regardre les cartes publiées dans l'immédiate après guerre pour constater que le lieu où était tombé le Baron Rouge était toujours indiqué...et le plus souvent en rouge, au même titre que des batailles ayant engagé des centaines de milliers d'hommes.

Les prévisions étaient justes car le choc fut intense.

Pour la petite histoire c'est un certain Herman Göring qui remplaça le Baron Rouge à la tête de la Jasta 11.

Les temps venaient de changer et pas en faveur de l'Allemagne !

Maintenant, libre à chacun de retenir ou de rejeter cette hypothèse mais lorsqu'on étudie le dernier vol point par point et particulièrement sur place il devient difficile de se satisfaire du simple hasard.

L'objection la plus facile est que "Wop" May n'avait pas d'expérience en matière de combat aérien et qu'il aurit donc fait une fort mauvaise "chèvre".
L'objection a cette objection est qu'on voit mal "Wop" May en simple novice échapper aux griffes du Baron rouge, c'est une hypothèse encore plus imbécile.

Lorsqu'on connaît les Britanniques, ils ont toujours confié à des civils les actions les plus efficaces dans le cadre du SOE (Sercice Operation Executive) donc le service action des Services Secrets.

L'immense majorité des agents SOE, nommés "Baker's street boys", en raison de la proximité immédiate des Services Secrets de l'appartement de Sherlok Holmes qui, de son coté utilisait une "armée de mendiants", étaient bien des civils placés sous autorité militaire.

May a fini la guerre aérienne d'une façon plus qu'honorable puisque en sept mois, entre avril 18 et novembre 18 il descendit 7 avions allemands.

Le "novice" avait donc quelques sérieuses ressources lorsqu'on sait que l'immense majorité des pilotes chevronnés n'atteignirent jamais ce score en 4 années de combat !

Il demeurera néanmoins célébre pour ne pas avoir été la 81eme victime du Baron Rouge et pour avoir, directement ou indirectement, causé sa perte.

Jusqu'à la fin de sa vie il couvrira Roy Brown en lui attribuant cette victoire, ce que ne fit jamais officiellement l'Etat Major Britannique qui laissa toujours planer un doute.



"Wop" May était-il le novice que l'on nous présente habituellement ?
Non, assurément pas. Avant de s'engager dans l'aviation militaire il était pilote d'exhibitions et d'acrobaties au Canada et aux USA.
Il disposait donc de plusieurs centaines d'heures de vol dans des conditions très particulières.
Après la guerre il reprit cette activité.
Roy Brown et lui étaient des amis qui s'étaient déjà rencontrés à l'école de pilotage.
"Wop" May était par ailleurs Lieutenant donc plus gradé que la majorité des pilotes qui participèrent au combat au dessus de la Somme.
Ce faisant il était directement placé sous les ordres du Capitaine Roy Brown mais avait sous ses ordres la majorité des pilotes de l'escadrille.
Son surnom "Wop" est par ailleurs explicite puisqu'il était un as du raze-mottes et des ressources brutales.
Le coup du "novice" est donc plus que suspect !



L'hypothèse de la "chèvre Wop" est donc crédible ?
Dans la revue "Dogfight - au coeur du combat aérien" N°4 de janvier/février 07, un certain Rolf Steiner enterre définitivement l'hypothèse du traquenard en affirmant simplement "l'hypothèse de la chèvre "Wop" est peu crédible". Ce qui est encore moins crédible à mon humble avis est qu'un novice ait pu échapper sans une égratignure aux griffes du Baron Rouge qui en avait vu bien d'autres et descendu bon nombre d'As alliés comme, par exemple, le Major Lanoe G. Hawker. Si l'opération avait bien été planifiée, comme c'est toujours le cas en ce qui concerne les Britanniques, l'Etat Major et Brown connaissaient parfaitement les capacités exceptionnelles de "Wop" May qui, soit dit en passant descendit un avion allemand chaque mois, soit 7 victoires homologuées, entre avril 18 et l'armistice du 11 novembre 18. Score sans appel d'un pilote de très grande classe. Si Wop avait été un "bleu-bite" Richtofen n'en aurait fait qu'une bouchée dans les premières secondes de la poursuite. Il s'est justement acharné parce qu'il ne parvenait pas à le toucher. Le piège a donc bien fonctionné.


Roy Brown a-t-il touché le Baron Rouge pendant la poursuite ?
Probablement non car son rôle était de rabattre le Baron vers le Belvédère et les mitrailleuses au sol tout en empèchant le même Baron d'atteindre "Wop". Comme il se situait juste derrière le dit Baron ses rafales dépassaient souvent le DRI rouge et risquaient d'atteindre Wop car dès que notre Baron, se sentant poursuivi, pressentait une rafale, il se retirait de l'axe de la queue de Wop. Il était trop fin renard pour ne pas utiliser cette technique qui bloquait Roy Brown de le canarder à loisir. Il est possible que quelques balles aient touché le DRI mais sans réelle conséquence. Encore une fois le "novice" "Wop" May a été capable de "driver" le baron entre deux rangées d'arbres juste au dessus de l'eau pendant près de 4 Km et de le diriger directement vers le fameux Belvédère. Et sans prendre une seule balle. Soit le Baron était réellement en dessous de tout ce jour là soit on nous prend pour des débiles mentaux !

Et le coup des mitrailleuses ?
Là, le mauvais coup ne fait aucun doute ! C'est la Revue Icare - revue de l'aviation française- la "Pravda" des pilotes de lignes - qui dans son tome 2, justement dédiée au Baron Rouge (1991), page 53 donne une explication essentielle qui n'a malheureusement pas été trop comprise :

"Un petit détail encore : il a pu avoir de l'importance, le 21 avril 1918, le Commandant Beavis, qui deviendra Général de Brigade de l'Armée Britannique dans la seconde guerre mondiale était le patron de la défense anti-aérienne de la 53e batterie. Trouvant les mitrailleuses Vickers qu'il avait en dotation trop lourdes, peu maniables pour tirer en l'air, il avait déniché dans un dépôt à l'arrière des mitrailleuses Lewis moins puissantes mais plus légères et surtout aptes à faire feu dans toutes les directions. Il avait réussi à se faire livrer deux de ces armes pour les confier à ses deux meilleurs tireurs Buie et Evans. Une dernière précision qui dénote l'esprit combatifs de ces deux tireurs qui n'étaient pas là pour faire de la figuration : n'ayant pas encore reçu le dernier modèle de viseur, Evans et Buie avaient fait bricoler par leur camarade Bartlett un dispositif ayant les mêmes caractèristiques que ce viseur, et le bricoleur avait installé un exemplaire de sa "production" sur chacune des deux Lewis. La matière première était une douille d'obus ! Cet ajusteur de Bartlett n'a-t-il pas aussi pesé sur le destin du Baron Rouge ?"

On en apprend de belles lorsqu'on connaît la rigidité habituelle de l'Armée Britannique où l'on retrouve au trou pour des laçets non réglementaires ou une cravatte mal nouée !

Quelque jours avant le 21 avril "on" remplace les armes lourdes de dotation par des mitrailleuses légères "récupérées" et "bricolées" puis confiées, comme par hasard encore, aux deux meilleurs tireurs de la Batterie 53, justement ceux-là mêmes qui vont flinguer, par hasard, Von Richtofen que le plus grand hasard, toujours lui, fait justement passer au ras de leurs collimateurs bidouillés à partir d'une douille d'obus !

On croit rêver !

Et notre sympathique artilleur Beavis, qui autorise cette magouille, se retrouvera justement Général "Bigot" largement impliqué dans le très secrète opération "Fortitude" qui couvrit le débarquement allié de juin 44 !
Encore le fameux hasard si cher à nos amis d'outre-manche.

Mais il ne faut bien évidemment tirer aucune conclusion de tout cela et tout avaler en bloc.


La Lewis est une arme partiulièrement appréciée des pros de l'aviation !



Encore une Lewis montée sur un Nieuport...même les Français appréciaient cet engin.
Ce qui n'exclut pas les deux mitrailleuses lourdes.
Donc un trio redoutable qui fut "amélioré" pour la chasse au Baron.


La Vickers semble beaucoup moins adaptée à ce type de chasse


Les blessures de Von Richtofen et l'axe de tir du Buie et Evans
La dépouille mortelle de Von Richtofen si elle n'a pas été autopsiée a été étudiée par deux médecins de l'armée de l'air britannique.
"Le pilote a été blessé à une jambe puis au ventre, essaya d'atterir, à partir de 20 mètres de hauteur la descente devint plus brutale, à ce moment là la balle mortelle tirée par une des Lewis entrée dans le dos, ressortit par la poitrine en sectionnant une artère mettant fin à la vie du grand aviateur".
Le tir a donc été presque horizontal et à bout portant et non vertical et lointain comme on le décrit souvent à tort. Ce que confirme un un rapport australien également publié dans Icare et qui confirme ce fait :

"Deux mitrailleuses Lewis installées sur la colline et mises en oeuvre par Evans et Buie ont fait feu sans arret dès que l'avion britannique (May) fut passé, à peu près à l'altitude à laquelle elles se trouvaient en tir presque horizontal et Richtofen est venu se jeter sur ce rideau de balles".

Les sympathiques illustrations qui montrent un tir vertical et lointain ne sont donc qu'un arrangement de plus avec la vérité historique.

Pour faire bonne mesure Icare souligne ensuite

" Mais il est juste de souligner que May a eu du cran sous les rafales de son poursuivant, sans l'avoir voulu bien sur, d'amener le Baron Rouge devant une colline truffée d'armes automatiques dont deux très maniables étaient dans les mains de tireurs d'élite".

Ben voyons !
Pour peu on en écraserait une petite larme devant l'innocence candide du "sans l'avoir voulu,
bien sur" !
Toujours ce stupide hasard et une certaine naiveté pour ne pas dire complaisante.

Lorsque le facteur sonnera à votre porte pour vous livrer un colis ce sera, souvenez vous en désormais, "sans l'avoir voulu, bien sur !" et par le plus grand des hasards.

Et Buie affirmera longtemps que malgrè le fracas des mitrailleuses il entendit un cri perçant.
Le Baron devait alors être bougrement près !
Ce qui rend la thèse de l'altitude et d'un tir presque vertical encore moins crédible et même très suspecte.

Pourquoi donc s'y attacher désespérément depuis 90 ans !

Si ce n'est pour dissimuler la vérité.

Le Baron a été flingué dans le cadre d'une opération spéciale très bien programmée et exécutée de main de maître comme nos Amis Britanniques savent très bien en produire.

Le plus amusant est qu'ils signent toujours en laissant une "carte de visite" puis démentent avec un large sourire.

L'Amiral Canaris, Heydrich, Rommel et bien d'autres firent, plus tard, les frais de ce type d'opération.

Et la "désertion" subite de May, Brown et des deux autres pilotes ?
C'est encore un point des plus obscurs. µ
Résummons le.
May est poursuivi par Von Richtofen qui lui même est protégé par Brown qui lui même, suivant plusieurs témoins, est protégé par deux autres pilotes de son escadrille jouant, et c'est normal, le rôle de gardes du corps.
Tout le monde se suit à la queue-leu-leu sauf les deux anges gardiens qui demeurent un peu au dessus et en retrait.
Et juste au moment où le Baron Rouge vient se buter, ou presque, sur le Belvédère et vire à droite, pour se faire tirer comme un vulgaire canard, tout ce beau monde vire à gauche et disparaît dans les limbes, donc dans les lignes anglaises.
Comme dans le feuilleton "Mission Impossible".
Il ne manque que la musique !
C'est vrai, c'est comme ça.
De nombreux témoins l'affirment également sans le moindre doute.
Et par le plus grand des hasard tout ce beau monde se pose à Bertangles, là où le lendemain matin Von Richtofen sera enterré avec tous les honneurs militaires.
Et à Bertangles, justement à l'Etat Major de l'aviation britannique "Wop" May rédige un rapport qui explique
"Si j'avais eu plus d'expérience, Richtofen m'aurait descendu car il aurait su ce que j'allais pouvoir faire. Comme je ne le savais pas moi-même, mes manoeuvres folles l'ont dérouté". Manoeuvres folles effectuées au ras de l'eau entre deux rangées d'arbres avec un as aux 80 victoires aux fesses !
Cet aveu sonne comme une pauvre confession.
Et il n'en est pas moins vrai que 4 appareils britanniques ont brusquement cessé le combat alors qu'ils avaient l'avantage sur un seul adversaire presque désemparé.
Auraient ils effectué cette splendide manoeuvre qui s'apparente à "filer à l'anglaise" si ils n'avaient pas eu des ordres précis ?
N'auraient ils pas alors risqué le Conseil de Guerre pour désertion devant l'ennemi ?
Ils savaient probablement, du moins Brown et May, que de poursuivre le baron à cet instant et à cet endroit équivalait à tomber dans un mur de plomb.
Brown reviendra rapidement sur le lieu où fut tué le Baron rouge...Mais en automobile accompagné du Major Cairns.
Et suivi par de nombreux photographes qui, eux aussi, étaient à Bertangles par hasard.

Les photographes étaient aussi à l'affut ce jour là !
A peine le Baron Rouge fut il descendu que les photographes "officiels" affluèrent de Bertangles suivant de peu Roy Brown et le Major Cairns et de nombreux officiers comme en attestent justement les photos d'époque.
Le Baron et son avion furent photographiés sous tous les angles et l'avion, presque intact, fut rapidement dépouillé de sa toile et de ses accessoires.
"Wop" May, lui-même lors des Jeux Olympiques de Berlin en 1936 remettra à Göring, par l'intermédiaire du Général Milch, un morceau de toile découpé sur l'avion.
En temps de guerre et à proximité du front on imagine mal ces photographes venus, par hasard, à Bertangles et parvenus presque immédiatement sur les les lieux sans une autorisation formelle.
La presse faisait donc partie du dispositif puisqu'elle participait à la manoeuvre de "deception" (manipulation).
Et, dans une certaine mesure elle collabore toujours sans trop se poser de question.
Aucun autre As allemand n'a bénéficié de ce régime de faveur très spécial.
Bien que Werner Voss, le Hussard de Kreufeld au 60 victoires, ait probablement aussi été victime d'un traquenard à 1 contre 7 lorsqu'il rentrait seul d'une soirée arrosée chez son ami Antony Fokker.
Et les photos ont été très rapidement publiées dans la presse civile alliée...et larguées sous forme de tracts au dessus des tranchées allemandes.
Il n'est pas besoin d'être médecin légiste pour constater que les photos mortuaires du Baron ont été prises peu de temps après sa mort, l'oeil, notamment, n'ayant subi aucune altération.



Quelques photos de plus !


Une belle chasse au tigre dans la plus pure tradition anglaise.


Le cockpit du DRI avant le pillage systématique : il est intact !


La carcasse du DRI de Von Richtofen déjà largement dépouillée !
Il manque juste le chasseur avec le pied dessus.


La curée après l'hallali !
Il y a déjà pas mal de monde sur place pour examiner l'avion !
On se croirait déjà aux Puces de Montreuil.
Mac Diarmid a déjà piqué les lunettes de vol du Baron éjectées lors de l'impact au sol
et les deux lascars à droite repartent avec un souvenir.
Dans quelques minutes l'avion rouge ne sera plus qu'une carcasse.


Les fameuses doubles Spandau du Baron impressionnent
Un beau trophée de chasse !
Ce sont les canines du tigre.


La queue du tigre: il manque déjà la dérive avec la fameuse croix noire et blanche
Mais il y a encore du monde sur place !


Il n'est pas mort il y a bien longtemps
Mais les photographes étaient déjà là !
Il a été attaché sur une tôle ondulée dans la cour de l'usine et mitraillé une dernière fois pour la postérité.



"Il est étendu sur une plaque de tôle, il semble dormir paisiblement, un sourire aux lèvres. Quelques personnes se trouvent autour de lui, la figure est intacte et exprime le calme. Il est chaussé de ses bottes de Uhlan, bien cirées, sous la combinaison de vol, l'uniforme est impeccable. Quelqu'un a retiré son bonnet de fourrure, ce qui permet de voir ses cheveux blonds et soyeux qui encadrent son large front.
Si j'avais pu, combien j'aurais voulu le ramener à la vie !"

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Re: RICHTHOFEN

Message  Major Harbart le Sam 12 Jan 2013 - 1:59

Merci Pauke !!!

Cette rubrique prends tout son sens !!


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Re: RICHTHOFEN

Message  JagdExperten le Sam 12 Jan 2013 - 13:46

Y'a des choses intéressantes fin' bon j'y crois pas quand même Rolling Eyes
"Wop" May n'est peut-être pas le débutant que l'on nous a toujours présenté, il y a cependant des incohérences majeures que voici en vrac :

- Il est peu probable que l'on ait pu intercepter Voss revenant de Hollande dans le Fokker même en connaissant son plan de vol
- 7 as pour descendre Werner Voss et seulement la paire May/Brown pour attirer le baron dans un gûet-apens au sol ?!?
- Il est fait mention de 4 pilotes cessant la poursuite du Baron, vous croyez vraiment qu'en voyant le triplan rouge dans une position avantageuse, les gus vont lâcher l'affaire ? Une désobéissance qui aurait permis d'abbatre Von Richthofen n'aurait pas été sanctionné
- L'action de Von Richthofen ce jour là fut en parti dicté par son cousin Wolfram qui fut menacé à un moment donné et qu'il vint à son secours ; de cela, le texte n'en fait nulle mention.

On a dit bcp de choses sur cette bataille aérienne mais la vérité est certainement bcp plus simple : Richthofen n'a pas suivi une de ses règles d'or et il a recu une balle venant du sol manque de bol pour lui.
On peut avancer bcp de choses comme les soldats au sol étant des tireurs d'élite après coup, tout cela est invérifiable car de nombreuses versions ont vu jour le jour même.

Ce texte indique ainsi qu'il avait son uniforme sous sa combinaison de vol alors qu'on peut trouver ailleurs qu'il était en pyjama
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Re: RICHTHOFEN

Message  Pauke Pauke le Mar 15 Jan 2013 - 3:19

Les Britanniques rendirent un hommage au Baron en lâchant sur l'aérodrome allemand une couronne accompagnée d'un communiqué rendant compte de la perte au combat du Rittmeister Von Richthofen. Ils y joignirent également une petite boite métallique avec quelques effets personnels dont la croix Pour le Mérite.

J'imagine mal un noble prussien (même légèrement anticonformiste) en pyjama avec cette décoration autour du coup No
Je ne sais pas d'où sort cette légende, mais le plus probable est que le baron portait son uniforme de Ulhan sous la tenue de vol.
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Re: RICHTHOFEN

Message  JagdExperten le Mar 15 Jan 2013 - 7:22

Pauke Pauke a écrit:J'imagine mal un noble prussien (même légèrement anticonformiste) en pyjama avec cette décoration autour du coup No
Je ne sais pas d'où sort cette légende, mais le plus probable est que le baron portait son uniforme de Ulhan sous la tenue de vol.
Il ne l'aurait pas eu autour du coup dans le cas du pyjama
J'avais lu que le tankiste Michael Wittman (tué en aout 44 en normandie) et dont le corps a été retrouvé au début des années 80 lors de la refection/travaux d'une route avait été identifié grâce à sa croix de chevalier qui était dans une poche (et non autour du cou sans quoi on s'en serait certainement apercu en manipulant le corps en l'enterrant sommairement)
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Re: RICHTHOFEN

Message  Pauke Pauke le Mar 15 Jan 2013 - 12:29

Mais qui est donc ce petit garçon en tenue de marin ?


Manfred en 1899 !


Kunigunde von Richthofen et son petit fils Manfred


La famille : Karl Bolko manfred Lothar

Si cela ne vous rebute pas, un très bon site, en Indonésien pale très riche iconographiquement et pas simplement sur la biographie du baron ...... cheers
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Re: RICHTHOFEN

Message  Pauke Pauke le Mar 15 Jan 2013 - 12:31

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Re: RICHTHOFEN

Message  Pauke Pauke le Dim 7 Avr 2013 - 11:30

Précision pour ceux qui ont vu le film de 2008, j'ai trouvé sur le net une version en anglais, mais étonnement avec des scènes qui n'ont pas été retenues dans la version finale ! C'est dommage car elles sont bien sympathiques. Pour ceux qui souhaite voir de quoi il retourne, c'est par ici :

http://www.youtube.com/watch?v=tKxO35f-Np8
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Re: RICHTHOFEN

Message  JagdExperten le Dim 7 Avr 2013 - 21:32

J'étais hier près d'Amiens pour trouver le site où le baron a posé son Fokker mortellement touché à Vaux-sur-Somme malheureusement mon appareil ne voulait plus se démarrer après le gel de la batterie au ski Crying or Very sad

J'ai retrouvé cependant le panneau d'information sur google images








Vue aérienne du site, le panneau est sur la route près du bois tout à gauche. La grande cheminée existait déjà à l'époque What a Face
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Message  Pauke Pauke le Dim 7 Avr 2013 - 22:52

C'est tout
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Re: RICHTHOFEN

Message  Pauke Pauke le Dim 7 Avr 2013 - 22:54

C'est tout à l'honneur de la municipalité. Le Baron n'a pas fini de faire couler de l'encre. Je viens d'apprendre un fait pour le moins surprenant :
http://www.mystere-tv.com/le-fantome-du-baron-rouge-v200.html

Croyons-nous aux forces de l'esprit ?
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